Samuel ZARKA
Il ne s’agit pas de dire qu’il y a un « art bourgeois » et (contre) un « art prolétaire » (j’assume cette terminologie ancienne ici, elle n’a pas été dépassée à ma connaissance même si elle n’est plus usitée). Il ne s’agit pas d’opposer de tels termes de manière unilatérale, générale, axiale, systématique, et légitimant une idée de lutte de classes. Au contraire, il est de fait que, indépendamment des ressources économiques de la production artistique, le contenu de certaines œuvres transcende les classes sociales pour mettre en forme des problématiques universelles. Raison pour laquelle on a coutume d’exiger l’universalité de l’œuvre d’art.
Un exemple à ce propos : le Ring de Wagner, production énorme pour l’époque, mais traitant exemplairement du mythe, soit de la symbolique de l’anthropologie, et perceptible, dans ses contenus, par n’importe qui.
Cela étant dit, il est entendu que ce n’est pas, en soi, l’économie (emphatique en l’occurrence) portant l’œuvre qui en fait une œuvre universelle. Cervantès ou Rimbaud n’avaient besoin que de papier et d’encre pour intervenir au même niveau que Wagner. Dans le cas de ce dernier, l’économie du spectacle est moyen du spectacle, point. Le spectacle lui-même réside essentiellement dans son contenu poétique.
Cependant, concernant les œuvres « chères à produire », le cas de figure wagnérien n’est pas général. Nous prendrons ici un contre-exemple : le gros de l’art contemporain, où il s’agit bien plutôt de se servir de la réputation d’universalité du contenu de l’art, d’instrumentaliser cette réputation, pour poser une forme qui n’a plus rien d’universel, mais n’est que la stricte traduction d’une culture de classe historiquement spécifiée.
Cette note, suscitée par des débats alentour du livre Art contemporain : le concept, sera développée.
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Samuel ZARKA

Dans les critiques chics précédentes, nous avons tenté de rendre compte, dans une perspective générale, de la manière dont l’art, depuis Édouard Manet, était travaillé par une dissociation entre, d’une part un contenu politique revendiqué d’une manière sans cesse plus appuyée, et d’autre part son contenu politique effectif.
La dynamique de l’art moderne fut et demeure duale. L’opposition entre ses deux directions est apparue le plus nettement à travers l’art contemporain, la dyade se cristallisant dans le grand renfermement mental de l’art d’après-guerre. Ces tendances deviennent alors : art et vie confondus d’une part, art auto-référentiel d’autre part. Au cours de leur développement, chacune de ces tendances passe dans l’autre : l’auto-référentialité devient l’indistinction de l’art et de la vie, et celle-ci auto-référentielle, dans un ensemble d’oppositions se renouvelant dynamiquement.
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La critique c’est chic est une série de chroniques paraissant le 3
de chaque mois sur DroitDeCites.org. Elle a pour objet d’expliciter
les significations objectives, donc non-conscientes, des arts scéniques actuels.
Toutes les « critiques chics »
Excursus complémentaires
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Samuel ZARKA

Par Yvon HUET
Vie nouvelle, n°163
Samuel Zarka est né en 1980 à Sarcelles. Conférencier à l’Académie royale des Beaux Arts de Liège, il est diplômé entre autres de l’Ecole nationale supérieure d’arts de Paris Cergy et de l’Université Panthéon Sorbonne (philosophie). Particulièrement actif dans le domaine de la danse contemporaine, jeune praticien et penseur d’une nouvelle génération, il met en valeur un aspect inédit de la lutte des classes dont il se réclame sans détour, côté création artistique de notre temps.
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Samuel ZARKA
Ici, je propose un premier état de synthèse suivant la ligne : art – beau – politique. Cela se finit dans une certaine généralité, je m’en rend compte. Les travaux en cours pourrait faire avancer ce point.
Tout ceci relève de la proposition, laquelle peut (doit) être améliorée, complétée dans l’échange.
Analyse
1- Je ne sais encore par quel concept unifier ce qui existe actuellement comme « art et culture ». Ce que je peux faire, c’est partir de ce que je connais le mieux : l’art contemporain.
2- Du point de vue de l’art contemporain, la production est régie par le signifiant, c’est-à-dire par le discours. Ce discours a pour fonction de circonscrire la relation à l’art dans un entre-soi, c’est-à-dire légitimer l’idée d’un « vrai art », d’une « vraie culture » et variantes du même thème, contre ce qui, logiquement, est la « culture basse ». Un dispositif rhétorique à refuser en bloc, pour affirmer la vérité sur ce point : la rétro-action des classes entre elles dans la production culturelle et artistique.
Cette production culturelle et artistique n’est pas autonome, elle dépend de l’évolution sociale générale, c’est-à-dire de l’évolution du mode de production. Mais mettons cela de côté pour l’instant.
3- Plus profondément, pour ce qui concerne l’art et la culture, la législation du discours a pour fonction d’évacuer le beau de l’art. Or cette évacuation n’est pas anodine. En effet, le beau a une dimension politique, subversive par rapport à l’art contemporain et, au delà de lui, de la culture en générale, et même du libéralisme munichois à l’œuvre en France, et ses corollaires dans d’autres États.
4- Le beau lui-même ne peut pas être restreint à l’art. Il y a du beau hors de l’art. Exemple : dire que la chute de Ben Ali est belle (comme libération politique d’un peuple). Ce n’est pas un abus de langage, c’est au contraire une expression adéquate de la dimension intrinsèquement politique de la beauté.
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Samuel ZARKA
Excursus 9 aux critiques chics
Lors de notre dernière critique chic, Jeff Wall et l’arrêt sur image (sur DroitDeCites.org), nous avons tenté de rendre compte, dans une perspective générale, de la manière dont l’art, depuis Édouard Manet, était travaillé par une dissociation entre, d’une part un contenu politique revendiqué d’une manière sans cesse plus appuyée, et d’autre part son contenu politique effectif [1]. Une dissociation qui, proposions-nous, s’est accentuée infiniment depuis l’après deuxième guerre mondiale.
Sur un plan esthétique, nous proposons à présent de rassembler ce processus dans l’idée de spatialisation tendancielle du temps. C’est ce que nous traiterons dans les prochaines chroniques publiées sur DroitDeCites.org, rejoignant de ce fait la danse, art du temps, en cette période festivalière et après elle. Pour l’heure, en excursus, nous aborderons ce sujet dans un détour, par la mise en question d’un grand classique de la critique artiste : la critique du consommateur.
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Samuel ZARKA
Excursus 8 aux critiques chics
Lors de notre dernière critique chic, Jeff Wall et l’arrêt sur image (sur DroitDeCites.org), nous nous sommes autorisé à écrire, avec Hegel, que l’art est mort. Énoncé qui s’inscrit dans un système de tendances en évolution, en transformation, en dialectique. Cependant il ne s’agit pas, avec cet énoncé, d’entendre qu’il n’y ait plus d’art qui se fasse jusqu’actuellement, qu’il n’y ait pas d’artistes qui « manifestent leur vie » (pour l’écrire avec le Marx de Travail, salaire et capital) par leur activité artistique. Mais il s’agit d’une hypothèse, selon laquelle le sens ultime et universel du développement historique de l’art est, depuis la révolution française, passé hors de lui : dans le moment terminal du rapport de l’esthétique au politique [1]. Quand :
L’esthétique se réfugie [...] dans la révélation du présent assumé comme tel dans le rapport à l’autre.
Résumé signé par Jean Zin, dans un article de son blog (commentaire 35), du livre de Dominique Pagani, Féminité et communauté chez Hegel, et qui traite la question du rapport de l’esthétique au politique (c’est d’ailleurs le sous-titre du livre) [2].
Pour continuer la lecture de « La signification du mot « l’art est mort » »
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Samuel ZARKA
Débat du samedi 18 juin à la fête des Thermopyles, Paris 14è
sur l’invitation de l’association Urbanisme et Démocratie
Qu’elle en soit remerciée

Bientôt, l’exposé
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Samuel ZARKA

Mai 2011 – à l’invitation du Parti communiste français
Première partie (24 minutes)
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Suite (24 minutes)
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Merci à Caroline, Stéphanie, Adrien & Jean-Jacques
Ainsi qu’au public
Dédicace spéciale à Maxime Touratier & Jean-François Munnier
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Samuel ZARKA


Adolph Menzel : Das Bailsouper, 1878, Das Eisenwalzwerk, 1872-1875
montage 7 : au dessus, au dessous
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Samuel ZARKA
Jeff Wall et l’arrêt sur image
La critique c’est chic 7

J’ai lu récemment, dans la revue belge L’Art même, un texte du critique d’art Tristan Trémeau portant sur une exposition du photographe Jeff Wall (Bozar, Bruxelles) [1]. Dans ce texte, en suivant l’auteur, nous partons du « modernisme », que je vais définir avec lui, pour, le temps d’une boucle, consciemment y retourner.
La lecture critique d’un texte aussi représentatif de l’auto-référentialité des bulles spéculatives en théorie esthétique peut permettre d’amener, en creux et progressivement, les éléments pérennes d’une esthétique réaliste et dialectique, laquelle est susceptible de rendre explicite le contenu objectif, autrement dit le plus généralement inconscient, d’expressions culturelles actuellement.
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La critique c’est chic est une série de chroniques paraissant le 3
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les significations objectives, donc non-conscientes, des arts scéniques actuels.
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Toutes les « critiques chics »
Excursus complémentaires
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[1] « Un art d’historien de l’art », Tristan Trémeau, dans L’art même n°51, p.39. Republié sur le blog de Tristan Trémeau.
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— en prolongement du livre :
Excursus aux critiques chics

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