La critique c'est chic - excursus

Temps suspendu et éternel retour

Sur Lamartine et Nietzsche

Excursus 11 aux critiques chics

lamartine-nietzsche

C’est une plainte lyrique, le temps suspendu de Lamartine, dans l’éternel retour de Nietzsche. Lamartine et Nietzsche, comme couple de faux opposants, de complices. Liés dans la négation de la production, dans la contre-révolution, se pensant elle-même comme éternité. De l’utopie (libérale) dont les traits les plus constants sont la belle figure institutionnelle (Lamartine) conjuguée aux coups d’accélération antisociaux (Nietzsche). Utopie se maintenant dans les discours politico-financiers durant la crise des dettes souveraines. Utopie qui, par définition, n’ayant pas lieu autrement qu’en rêve, force sa réalisation en substituant au temps du réel, le « temps réel ». Comment?

Réponse dans le prochain excursus, le 27 novembre 2011.

 

La critique c’est chic est une série de chroniques paraissant le 3
de chaque mois sur DroitDeCites.org. Elle a pour objet d’expliciter
les significations objectives, donc non-conscientes, des arts scéniques actuels.

Toutes les « critiques chics »

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Art contemporain : le concept

ArtPress etc - un nouvel article sur l'art contemporain et son concept

À propos du texte de Catherine Millet « Le roi est nu »
en édito de la revue Artpress n°382.

Le dernier édito d’ArtPress exprime des idées voisines de celles du livre Art Contemporain : le concept. Catherine Millet, rédactrice en chef historique de la revue (depuis 40 ans) y propose de considérer l’hégémonie régnant dans l’art comme celle d’une illusion collective. Mais à géométrie variable, sans laquelle la présente lucidité de son article n’aurait pas lieu d’être. Illusion dont elle énonce le pôle d’une manière claire et distincte : c’est l’ « intéressant » qui oriente le conte.

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La critique c'est chic

La critique chic #10, parue sur Droit de Cités

la critique c'est chic

Le temps subjectif avec Lawrence Weiner et Jeff Wall

Au fil de nos chroniques, notre problématique repose sur le constat suivant : le discours standard sur l’expérience esthétique, c’est-à-dire, en propre, la philosophie esthétique standard, est fondée dans une phénoménologie husserlienne, néokantienne, sans épaisseur temporelle. C’est cette dernière que nous voulons restituer, en répondant à la question des conditions de possibilité de l’esthétique (du ressentir) pour une contemplation donnée. Question qui ne peut trouver de réponse que selon une approche sociale logique.

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MAJ du blog

Programme des prochains travaux

Pour les semaines à venir, voici le programme général des sujets qui devraient être abordés sur ce site :

— En matière d’articles

Sur le théâtre : une série d’articles pour revenir sur les détracteurs actuels du théâtre de Jean Vilar, et le sens d’un tel débat.

Sur le rythme binaire, le rock et l’art impérial : publication des premiers essais d’une genèse démarrant à partir de l’expansion états-unienne post-2GM.

Sur le Surréalisme et le Futurisme : publications développant les éléments de continuité de ces sensibilités du début du XXè siècle à travers des thèmes relookés, comme le nietzschéisme de gauche ou le transhumanisme.

Enfin, sur Nietzsche, une approche des usages actuels du « plus philosophe des réactionnaires, du plus réactionnaire des philosophes » (Domenico Losurdo) ; ceci en filigrane d’une conférence en préparation sur Michel Onfray (vois ci-dessous).

Bien sûr, les Critiques chics se poursuivent sur DroitDeCites.org avec le parachèvement du cycle de publications prévu jusqu’en décembre 2011 ; pour reprendre pour une nouvelle année et un renouvellement de l’axe de recherche dès janvier 2012.

 

Pour continuer la lecture de « Programme des prochains travaux »

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Rendez-vous

Rendez-vous au 21è Salon de la Revue, samedi 15 octobre

Salon de la revue 21

« Une culture ouverte, riche de ses rencontres »

Un débat proposé par la revue Cassandre/Horschamp

Il y a notre culture, une langue, une mémoire, des signes et des symboles partagés, qui nous permettent de communiquer entre membres d’une même « famille » culturelle et produisent une façon commune d’envisager son devenir. Et puis les rencontres entre des cultures qui se heurtent, se frottent, s’influencent, finissent par créer une conception universelle de l’être humain. Cette vision, pour être vraiment « universelle » et ne pas être réduite à un « standard », doit s’ouvrir à de nombreux apports et être à l’écoute de cultures qui n’ont pas fait le choix de la fuite en avant technologique, industrielle et marchande. Faute de quoi cet universalisme se réduirait inéluctablement à la conception purement productiviste d’un homme privé d’imaginaire : l’homo œconomicus.

Avec :

Gabi Gimenez, peintre-plasticien, administrateur de la Fnasat, revue Études tsiganes

Nicolas Roméas, directeur de Cassandre/Horschamp

Catherine Wihtol de Wenden, politologue et membre de la rédaction de Hommes et Migrations

et Samuel Zarka, directeur éditorial de Droit de Cités.

.

Samedi 15 octobre 15h30 -16h30

Au 21è Salon de la Revue

Espace d’animation des Blancs-Manteaux

48, rue Vieille-du-Temple 75004 Paris

Salle Édouard Glissant


21è Salon de la Revue : Vendredi 14 octobre de 20h00 à 22h0, Samedi 15 octobre de 10h00 à 20h00, Dimanche 16 octobre de 10h00 à 19h30. EDITORIALPROGRAMMEHORS-CADREExposantsRevues présentes

 

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Exposition historique

En morceaux : sur La Cité interdite au Louvre

En première approche, une exposition intrigante. La mode est à la Chine, n’empêche que ; l’art de Chine, nous ferons le détour. Malheureusement, juxtaposant images peintes de la Chine classique et d’autres issues des empires occidentaux, l’exposition est montée d’une manière absurde. Certes, les peintures des rois orientaux sont invraisemblablement sublimes sur leurs grandes pages déroulées, et de même les costumes, les instruments, le mobilier exposés. Mais tous ces éléments sont montrés sans autre relation que leur stricte simultanéité chronologique avec d’autres œuvres, relatives à différents moments impériaux, en France cette fois et plus largement en Europe. L’exposition est alors en panne : le choix du parallélisme obstrue la compréhension du temps dans lequel prend place chacun des récits. Des panneaux de présentation voudraient justifier l’accotement des images, mais ils sont abscons (on les croirait écrits par un logiciel prompt à débiter du texte mais sans âme, en automatique). Enfin, des traces de relation, épistolaires par exemple, entre empereurs occidentaux (comme Philippe IV) et leurs équivalents orientaux sont bien trop maigres pour parvenir à lier les croisements dans une cohérence solide. Le parcours se voit segmenté en morceaux dispersés au fil de la scénographie, qui nous fait dire bonjour au Sphinx sur le chemin pour rejoindre, l’un après l’autre, chacun des trois espaces de l’exposition. À voir à moitié donc : on se contentera de regarder la partie annoncée, passant devant le reste en attendant une prochaine fois.

 

Présentation de l’exposition sur le site du Louvre

 

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Scène

Signification de la science esthétique (2)

Une image de la pièce incorporel (création ensapc 2006).

L’artiste Sylvie Blocher dit un jour que cela avait à voir avec le nu, que, somme toute, c’était un travail sur le nu. Ceci étant dit, tout dépend : si c’est une question ce n’est pas art du beau, esthétique, mais concept, réflexion.

Raison pour laquelle la pièce s’était déroulée dans un lieu de danse, pour garder le corps, le risque, l’esthétique, l’art du beau. Ce pouvait aussi être laid.

De gauche à droite et de haut en bas : Julien Chevy, Samuel Zarka, Florent Delval.

Vidéo de la pièce

 

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La critique c'est chic

Pérec et Robbe-Grillet

Bref, il s’agit de considérer Proust contre Céline et Vilar contre Genod. De retrouver le temps contre le dépit de sa perte.

Écrivant cela, nous avons oublié : Pérec contre Robbe-Grillet.

À lire ici…

 

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La critique c'est chic - excursus

Signification de la science esthétique

Excursus 10 aux critiques chics

 

Le passage de l’art du beau à l’art nominal, abordé par la neuvième critique chic, est significatif à plusieurs endroits.

Premièrement, l’art sans le beau étant une contradiction dans les termes, ce n’est donc plus d’art comme modulation du sensible orientée vers une expérience esthétique qu’il s’agit avec l’art contemporain, mais comme modulation dans la conservation du nom d’ « art » (comme j’ai eu l’occasion de l’écrire et dire plusieurs fois déjà).

Dans le même temps, inversement à cette continuité du nom de l’art, l’inactualité de l’identité entre art et beauté ne devrait pas être interprétée comme une sorte de « trahison » de l’art — comme s’il s’agissait de revendiquer le retour d’art du beau.

Le passage de l’art au « nom de l’art » atteste au contraire de la mort de l’art et de la continuité de la vérité de ce dernier dans l’aboutissement politique, c’est-à-dire dans la beauté sociale effective.

C’est le sens du mot de Rimbaud dans Une saison en enfer :

De,

« J’ai pris la beauté sur mes genoux et je l’ai injuriée »

à

« Je peux de nouveau saluer la beauté »

En effet, la beauté, comme le rappelle Baudelaire dans le poème éponyme (qu’on lira ici), est fondamentalement classique, c’est-à-dire adéquation du contenu et de la forme. Nous avons bien écrit adéquation, soit, mêmeté, immanence. Ainsi dans l’art grec où les statues des dieux sont véritablement les dieux aux yeux des Grecs.

Or dans l’histoire moderne, cette identité ne passe plus par une ou plusieurs divinités extérieures à l’humanité, c’est l’humanité elle-même qui se découvre créatrice (de son existence), divine. Dans ces conditions, la privatisation du caractère de créateur par l’artiste (et à sa suite, la cohorte des stylistes, designers, cuisiniers, etc) est un acte de violation historique et d’expropriation de l’humanité. Bref l’inactualité de l’art du beau indique que la beauté du monde humain effectif, comme totalité organisée est l’actualité, mais que cette beauté est l’objet d’un combat.

Pour le dire autrement et avec Hegel, si par le passé l’art a été symbolique dans le monde oriental, classique dans le monde grec, puis romantique dans le monde germanique, par suite, l’art actuel, dans un monde qui assume sa modernité, donc athée devant un dieu paternel qui lui ferait face, cet art est objectivement déshérence. Raison pour laquelle, la fin de l’art, qui correspond pour Hegel à Shakespeare, correspond à l’apparition de la science esthétique, soit la science du ressentir. Mais raison pour laquelle, aussi, dans la tendance contre-historique à sa conservation, l’art est d’abord devenu perpétuation de son nom propre à travers la restriction de la discipline esthétique au commentaire spéculatif sur l’ontologie de l’œuvre d’art (comme si celle-ci perdurait toujours, ne connaissait pas d’évolution historique) ; en même temps, l’art assurait et assure encore la fonction de médiateur des différents modes de l’escapisme artistico-religieux — que nous avons plusieurs fois décrits dans nos critiques chics ; différents modes d’escapisme dont l’idéologie est la dissémination du sens (comme si on en avait jamais fini de le retrouver), laquelle est adéquate à l’organisation de débouchés économiques. Tout en se survivant ainsi, l’art a cependant perdu sa raison d’être — sinon comme outil de témoignage, instruction, transmission, étude, pédagogie ou thérapie, donc sans portée se rapportant à la plénitude de la beauté moderne rendue présente.

 

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Chroniques, La critique c'est chic

La Critique chic 9 est parue sur DroitDeCites.org

la critique c'est chicLa dé-temporalisation

Par la présente critique, nous souhaitons développer l’hypothèse avancée dans notre dernier texte :

la tendance générale des arts, pour la séquence 1970-2011, consiste en une spatialisation tendancielle du temps qui leur est inhérent, aussi bien du point de vue de leur production que de leur consommation.

Comme précisé, cette hypothèse vaut pour les « arts contemporains » toutes disciplines confondues comme pour les industries culturelles.

Pour l’heure, nous maintenons cette distinction entre deux registres d’artistico-culturels parce qu’elle est couramment employée. Cependant cette distinction est, de fait, toute relative : ce n’est pas son mode de production qui fait la qualité d’art d’un objet, mais le fait de médiatiser une expression orientée vers une expérience du beau.

Mais passons et présentons, dans leurs grandes lignes, tenants et aboutissant de notre hypothèse. Nous l’avons posée précédemment sur la base d’un énoncé préalable, emprunté à Caroline Champion dans le livre Hors-d’œuvre : de manière générale, le temps est la dimension cachée de l’esthétique.

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