Esthétique, Néokantisme

Espace et temps chez Rancière : un néo-kantisme

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Mise à jour du 17 octobre 2009

Cet article a fait l’objet d’une reprise approfondie dans

« Réification du signifiant et comédie du risque »
sur droitdecites.net

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Je propose une approche du néo-kantisme de Rancière — je ne l’avais jamais explicité délibérément, voyons si j’y arrive :

Cela concerne principalement les textes Le partage du sensible et Malaise dans l’esthétique :

Rancière distingue le politique et la politique (politicienne). Le politique et l’esthétique sont alors l’écriture du sensible tel quel. Le politique s’inscrit en espace et en temps. Exemple : celui de l’ouvrier. Sarkozy est dans le politique, non seulement en tant qu’homme politique, (ça c’est la politique) mais de surcroît en temps qu’individu faisant un parcours singulier dans des espaces et des temps prédisposés, prédécoupés ; c’est-à-dire indexés à tels ou tels usages, usages qui constituent un code, comportemental (on croise Michel Clouscard).

Le politique est une catégorie totale.

Et réversible dans l’esthétique. Entendue comme espace et temps.

Le politique est devenu l’inscription concrète de l’esthétique comme concept synthétisant l’espace et le temps.

C’est une reconstitution de mémoire de son canevas conceptuel.

Il en ressort que :

l’esthétique est conçue selon un transcendantalisme (kantien) ;

et la perception du politique est filtrée par ces présupposés. En fait Rancière surcode l’empirique : avec sa thèse, toute expérience devient politique, en tant qu’elle s’inscrit dans un espace et dans un temps. Belle manière de faire de la contestation à peu de frais : il suffirait de s’écarter de son parcours de tous les jours pour devenir un pirate.

Ce formalisme apposé sur l’empirique conduit à un esthétisme de l’expérience quotidienne.

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Les catégories (kantiennes) d’espace et de temps sont spécieuses. Parler d’espace permet de ne pas parler de lieu, sinon dans un second temps, facultativement. Parler de temps permet de ne pas parler de durée, le temps concret, sinon comme un sous-genre (ce qu’avait remarqué Bergson). Or ces termes, espace/temps, sont un formalisme, c’est le doublon lieu/durée qui est pertinent. Enfin si on veut parler du concret, pas du monde des rêves.

Ce néo-kantisme (!) de l’espace et du temps chez Rancière se trouve déjà dans La nuit des prolétaires (les prolétaires qui sont dans un agir esthétique et politique en écrivant la nuit). Je ne nie pas que c’est joli. Mais je ne suis pas sûr que ce soit autre chose.

(A propos de La nuit des prolétaires, il y a aussi un problème du sens du mot « prolétaire » chez Rancière, très confus : petit artisan ; sur cette question, c’est Stiegler qui a raison, avec Marx : le prolétaire n’est pas l’ouvrier ; mais celui qui a perdu tout savoir. Cf. Manifeste du parti communiste).

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