A propos de mu 3

Mu est une expression d’achèvement du projet de l’idiome, en littérature. Depuis Rimbaud, au moins. Il n’est pas la seule. Le lettrisme, le kobaïen (de Magma) l’étaient aussi. A leur manière.

Mu est une expression achevée du projet comportementaliste. Mais depuis le début (avant même de connaitre le mot comportementalisme) il veut inscrire ce comportementalisme dans la technique, la construction, la filiation, une continuité. Il y va de la constitution d’un espace idiomatique, certes, ludique et étrange. Il y va de révélations.

C’est pourquoi Mu n’est pas achèvement du projet de l’idiome sans ouverture d’un projet qui ne peut se comprendre, ni par lui-même, ni par autrui, sans l’expression chorégraphique qu’il demande, et qui n’est pas épuisable dans le projet rimbaldien (ou qui le ré-engendre).

Cela se vérifie aussi par le fait de la fatigue des pratiques reproduisant académiquement des expressions affectives très connues. Non pour dire que ces pratiques sont effectivement mortes (Forsythe). Mais pour dire qu’il y a un contemporanéité entre l’épuisement d’un projet contestataire (Rainer, No manifesto) et ce que celui-ci peut nourrir selon la contestation, à savoir une reproduction, à l’envers, de ce qui est contesté.

Il y a un désert avec des gens qui ne dansent pas et par d’autres qui dansent ; selon lesquels mu est le nom d’un potentiel, et ce qui se danse avec lui est une résolution. (De passage, en tant que danse.)

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