Scène

Eszter Salamon : Dance #1 / Driftworks

Eszter Salamon (chorégraphie) et Christine De Smedt,

Eszter Salamon, Centre Pompidou 21 mars 2009

Cheveux châtains longs sur les épaules peau blanche pommettes saillantes yeux verts débardeur blanc moulant le torse pantalon blanc coupe droite jusqu’aux pieds. Une autre femme cheveux plus sombres coupés au carré sous la mâchoire visage moins ouvert yeux plus étroits nez plus aquilin hanches plus larges

D’un bout à l’autre il s’est peut-être agi de danse au croisement entre dynamiques de tensions internes, aux sorties desquelles le mouvement et le dessin se font jour dans une marge qui les inscrivent parfaitement à peu près sur fond noir et images stupides, porno, adolescentes, de jeux vides.

Hypothèse : elles n’ont pas eu le temps de terminer le spectacle, leur manquait deux mois pour aboutir, et par conséquent la fin est plus squelettique que le début. A la fin les ébauches départissent à peine des images, tandis que dans le début un écart est marqué par rapport à celles-ci, et qui les fait se substituer par d’autres, fait ne pas les percevoir au profit par exemple des allers retours des premières minutes.

Sol noir, allongées sur le ventre, visages invisibles sous les cheveux et sont déjà en mouvement par la pression des orteils en avant en arrière. Ça dure, puis cela se déplie et ce simple mouvement pneumatique va se propager à travers plusieurs formes. C’est pour cette raison que la référence au porno, les fesses ouvertes, apparaît au bout d’un moment, sans que ce soit sûr, c’est peut-être simplement tragique s’ouvrant et fermant purement.

Toute une partie se développe la musique intervient et les séquences suivantes me sembleront plus courtes. Le passage de l’une à l’autre dessine sans certitude celui d’un espace à l’autre très éloigné. Exemple : du dessin purement dansé chair blanc sur noir suit l’inscription dans un espace qui est peut-être celui d’une salle de concert bien au delà de la salle de ce spectacle mains écartées à droite et à gauche dos à nous. (La deuxième femme dans ces moments disparaît même si elle est juste à côté.)

Les allers retours se font oublier dans leur moment parce qu’ils sont parfaite fonte des psychismes alentours dans la possibilité d’habiter ce mouvement comme expression répondant d’un contexte, parfait accompagnement de ce qui s’idiomatise en relation avec quoi cela tracte. Les transitions dépressurisent les psychismes pour qu’ils réinvestissent lentement une résonance.

Que ce soit sol et fond noirs avec projecteurs, le champ de la danse, des arts, ou l’expérience mass-médiatico-esthétique, celle de cliqueurs, de spectateurs de la crise, ou autre,

l’incertitude des registres de l’expérience esthétique et symbolique usuelle est cercle après cercle touchée par ce qui est porté sur le mouvement et c’est pas qu’un regard.

Intangible contre tangible : je sais que ce que je vois ici est devant moi, et sais que cela lace avec tenseur.

Pour la fin : progressivement c’est toujours bien parce que la première partie peut introduire quoi que ce soit, mais c’est, comme je l’ai présenté auparavant, davantage un squelette.

Samuel Zarka

Post scriptum :

Articulent deux phases de mouvement, aller, retour, engageant tout au partie du corps.

Puis un tremblement accéléré debout de dos de telle sorte qu’on peut s’imaginer qu’elles sont dans une centrifugeuse. Il y a quelque chose dans l’espace qui dit que la tension est très grande, que c’est comme l’intensité d’un grand concert de Pantera sans Pantera mais avec l’intensité. Le tremblement accéléré (des fusées qui partent) passe à un déchaînement de head banging, strict et droit, toujours sans la musique. Après il y aura la case jeux vides.

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