Je viens de boire un Lirac 2007, fruité, très rouge, un peu âpre, aigu sur la fin et de plus en plus sensiblement au fil des gorgées. Donc il y a une expérience esthétique gustative : c’est le sensible qui s’exprime, prend forme dans un discours. C’est politique? Dans le goût sans doute pas, dans le processus de fabrication et distribution du vin, ce peut l’être déjà davantage, par défaut ou de manière plus militante. Il y a toutes les chances pour qu’il en aille de même en danse, peinture, etc. Tout cela ne peut être que très marginalement politique dans le moment de la réception. Car la réception est elle-même la quasi négation du faire : sa consommation. Or la politique a lieu avant tout dans le moment du faire, comme faire.
Nous voilà débarrassés des apories de l’art politique. Et ainsi est restituée l’intégrité du moment esthétique, en propre. Ce qui n’est pas poser que ce moment est celui d’une expérience « pure » de l’esthétique, sinon que l’esthétique comme dimension de l’expérience a une forme propre distincte du politique.

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