S’il était un long métrage, je mettrais ce film dans mon top 10 des plus gros navets de l’histoire du cinéma, avec palme spéciale « prétention ». Il n’est qu’un clip. Quoique, ne rivalise-t-il pas avec certains maîtres-ouvrages du genre?
En tout état de cause, il s’agit, consciemment ou non, d’une reprise de Punishment Park (1971) de Peter Watkins
Punishment Park, comme tout film, peut être critiqué ; et notamment pour sa dimension politiquement faible, gauchiste, laquelle informe largement son contenu. Toutefois, il est utile de restituer son contexte de réalisation : la guerre du Vietnam et l’opposition du mouvement pacifiste aux Etats-Unis. Le réalisateur penche vers ce dernier, ramassant dans l’aventure quelques scories « peace & love », mais passons, personne n’est parfait. En outre, il a un double mérite : il est un metteur en scène hors pair, et surtout il dialectise sa pratique avec des faits, précis, lui étant contemporains.
Le clip de MIA-Gavras en revanche n’a de contenu qu’idéologique. Des représentations, non des faits. C’est pourquoi il travaille par métaphores : des rouquins au visage pâle se substituent « aux noirs et aux arabes » (?) ou aux « palestiniens » (?) et le film ne produit qu’une pseudo synthèse sociale et critique : une sorte d’image abstraite qui ne permet au spectateur de se former aucune appréciation sur un contenu. Ce dernier est invité à consommer comme un veau.
Dans son film, Watkins répartit ses prises de vue entre ses acteurs. MIA-Gavras pose un personnage comme quintessence de la résistance. Le héros.
Ajoutons qu’à aucun moment le clip ne propose de mise à distance par rapport à la violence qu’il expose, s’engouffrant dans la supposée prime à la surenchère actuelle. Le réalisateur oublie que la brutalité du réel a depuis longtemps dépassé la représentation qu’il en fait. Et il oublie que l’imitation n’est pas forcément le chemin le plus court vers le réalisme.
