
Le MoMA (Museum of Modern Art) est un musée new-yorkais et MoMA Highlights est un livre. Une femme blanche en maillot de bain bouche ouverte lèvres rouges cheveux flottant au vent et bras levés. Comment cette image a-t-elle atteint la couverture ? J’ouvre et rencontre une statue d’Honoré de Balzac aux arcades proéminentes les yeux dans l’ombre les vêtements larges et ondulés en vis à vis d’un homme cadré au torse sur un fond gris pointant un pistolet tout droit. Une femme au front dégagé les cheveux noirs et lisses passant sur les côtés du visage se penche vers sa main gauche posée sur son ventre oblique dans un immense cercle doré d’autres visages. Ses seins choient autour de son ventre tandis qu’autour du vagin dégagé les formes n’ont pas terminé d’être tracées. Page 31 un lyrisme sensualiste fait face sur l’autre page à une femme dont la robe à motifs se confond avec une tapisserie dans laquelle une silhouette en robe paraît floue dans un cercle consistant en une lutte de couleurs.
Dans le livre les pièces paraissent l’une après l’autre avec leur nom et un pauvre commentaire dans un petit carré bleu ou une bague oblique en lucarne. Je saute un paquet de pages et croise un porc tranché en deux puis plusieurs tableaux nappés de lignes épaisses. Un type dévie puis je tombe sur un monsieur accroupi au bord de l’eau pendant qu’ils continuent de passer un marathon sur un écran géant. Des femmes venues de l’étranger font un boulot de serveuse près d’une toile de néon dans laquelle se trouvent gâteaux et bouteilles d’Evian. Les cheveux longs en queue de cheval le teint rouge un collier autour du cou un blouson type « groom » des pantalons en stretch moulant son cul la serveuse inspecte la terrasse où il n’y a qu’un monsieur âgé avec des cheveux ébouriffés penché sur un journal. Les éboueurs nettoient la rue dans laquelle une bourgeoise entame sa carrière haute et frêle longue queue de cheval blonde lunettes de vue sur nez épaté portant haut marin pantalons taille basse gros sac et tout petit chien en laisse. Un boubou portant lunettes de soleil et chemise en « t » noire marquée All Blacks dit à un autre « c’est exactement ce que je pense » en joggant.
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MoMA prend place à la suite de la Collection, la collection 2 et nouvelle collection. Collection consistait dans le relevé des termes d’agencements, ou le don de termes à des agencements, chacun d’eux renvoyant de près ou de loin à un type référencé d’œuvre d’art. Bref, c’était le relevé de ready-made un peu touffus, l’idiomatisation de données sensibles. Les collections suivantes procédaient de même mais en ajoutant images ou en écrivant moins. Le texte MoMA a été commencé comme développement de cette même chose. Mais comment parler d’art quand entre-temps a été entièrement reconstitué son processus de production — dans L’art du capital (parution novembre 2010) ? Visiter le MoMA sans bouger de son quartier proposait d’y répondre. L’image ci-dessus n’entend renvoyer à rien de plus qu’à un contexte.
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