On a trouvé cet article dans le magazine Le Monde : Damien Hirst s’expose à Monaco (LEMONDE.FR | 12.04.10)
A noter l’acrimonie de certaines réactions.
Le philosophe Aymeric Monville dans une conversation : « Les jugements de valeur ne mènent à rien en art ».
Et effet, avec Hirst, il semble bien qu’il s’agisse d’une esthétique radicale de la transgression. Mais si elle est radicale cette esthétique, c’est éminemment du fait de son contexte de présentation. Là, Monaco, ailleurs, de prestigieux musées. On trouverait ses peintures dans un squat ou un bar branché, elles pourraient aller de soi. Ce qui est frappant, c’est qu’elles se trouvent dans des lieux moins branchés que huppés.
Les animaux tranchés en deux, on les imagine moins en friche, du fait de la technologie et du prix de revient probable, nécessaires à leur confection. Mais de nouveau, la présence de cette esthétique, de ce naturalisme radical et esthétisé, devrait soulever l’attention.
Je crois que le requin et le mouton ne sont pas des thèmes anodins — que Hirst en soit clairement conscient ou non — là, c’est la ménagerie de la prédation qui est exposée. Alors Hirst fait dans l’allégorie de la structure sociale.
Vous pensez qu’il n’y a pas de rapport entre le requin de Hisrt et la prédation économique? Vous vous trompez.
Cependant qu’il ne s’agit pas de réduire les pièces de celui-là à celle-ci. Mais d’affirmer qu’il y a un rapport entre chaque « matériau », en tant qu’il est choisi, et un thème idéologique. Car avant d’être choisi, il est trouvé. Et cette trouvaille implique une détermination idéologique, c’est-à-dire, pour l’exprimer en termes peut-être moins équivoques, une raison d’être. Laquelle, pour avoir une portée, doit être commune.
Sorte de religiosité dans le formol, les pièces de Hirst énoncent bien un symbolisme pour grand bourgeois. Elles concrétisent des représentations abstraites, dorénavant « matérialisées », au moins pour les yeux.
Après, beau ou moche…

Pièces de Hirst dans Google images
Postface :
Sorte de mage planté dans un manège des horreurs, il fallait un Hirst, quoi qu’il soit.
