Xavier Mathieu face à Jacques Attali et Nicolas Baverez

Ici on a une mise en scène de l’inanité.

4 intervenants. L’ouvrier porte-parole des victimes des délocalisations, un économiste médiatico-mondain, un autre économiste aussi homme d’Etat et idéologue médiatico-mondain, enfin la jeune femme, la bourgeoise qui doit être l’opérateur de la conciliation selon le sentiment.

L’échange est conduit à se polariser entre l’ouvrier et les économistes, c’est-à-dire entre producteur de capital et gestionnaires de capital. C’est ce qui se passe. Le face à face est médiatisé par la crise et l’actualité (procès de l’ouvrier pour le saccage de la sous-préfecture). On a alors deux niveaux de discours contradictoires qui apparaissent sans que puisse être révélé la logique de leur complémentarité. Il ne sont qu’affrontement, dans lequel le troisième terme intervient (elle). Cela donne l’impression que ce troisième terme est la possibilité logique de la résolution du conflit.

J’ai écrit la complémentarité des discours antagonistes. Cela signifie leur complémentarité dans un système contradictoire. La contradiction est inhérente au système. Et le faux semblant consiste à mettre en scène la résolution de la contradiction par le troisième terme, mais en laissant le système contredit en lui-même. C’est une logique formelle, positive, qui préside au débat, et non pas une intelligence dialectique de la situation.

Mais ensuite, la contradiction est laissée telle parce qu’il y a des carences discursives de part et d’autre des parties qui empêchent d’en comprendre la réalité logique. Ces carences sont : qu’il soit sincère ou non, l’absence de démonstration des faux-semblants du discours de Baverez touchant à l’intégrité de la République, le caractère sophistique des principes d’Attali qui laisse en marge de son discours le principe actif de concentration du capital et d’instrumentalisation culturelle de la démocratie contre les peuples ; cela Xavier Mathieu manque d’en proposer la logique (il n’est vraisemblablement pas équipé pour l’expliquer). Réagissant à l’instinct, il est renvoyé dans les cordes de la pire des façons. Alors l’instinct de vie du plus faible (structurellement) est écrasé par l’instinct de vie du plus fort (structurellement). Le troisième terme est légitime, dans cette structure de débat, pour passer la pommade.

Mise à jour 8 juillet 2010 :

Une mise en scène du même type forme le fond de la trame du film Le Jour se lève (1939), de Marcel Carné. Déjà, c’est l’ouvrier (joué par Gabin) qui est renvoyé du côté de l’inhumain, dans le discours de l’orateur (joué par Berry).

Share:
  • Print
  • Digg
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • LinkedIn
  • Twitter
  • viadeo FR
  • Wikio

Leave a Reply

 

 

 

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>